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La capoeira
est issue d’une longue histoire de souffrance et d’oppression
du peuple africain au Brésil. Depuis l’arrivée
des Portugais au 16e, jusqu’au milieu du 19e siècle,
4 millions d’esclaves noirs furent transportés de leur
pays d’origine vers les côtes du continent sud-américain.
La majorité de la « marchandise humaine » a principalement
été utilisée dans les plantations de canne
à sucre au nord-est du Brésil, à Bahia.
Malgré l’oppression portugaise, les esclaves africains
et leurs descendants développèrent un extraordinaire
univers social, culturel et politique, parallèle au système
imposé. Ces traditions se sont principalement développées
dans la Senzala, et dans les Quilombos où les fugitifs se
rassemblèrent et créèrent entre autre une méthode
rudimentaire de combat destinée à échapper
au contrôle des autorités.
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La
provenance de cette forme de combat reste un domaine très
controversé. Selon certaines sources, ses origines seraient
de nature africaine, alors que d’autres penchent plutôt
pour des racines brésiliennes.
Les Noirs d’Angola, par exemple, avaient conservé malgré
leur exil un rite guerrier appelé « Batuque »,
contenant beaucoup de coups de pieds en direction des chevilles
de l’adversaire pour le faire tomber. On sait aujourd’hui
que la capoeira contient des inspirations de cette tradition. D’autre
part, elle a aussi été influencée par la «
Danse du Zèbre – N’golo », pratiquée
dans le sud de l’Angola pour célébrer le passage
au statut de femmes des jeunes filles. Le jeune homme qui gagne
le N’golo peut directement choisir la femme qu’il désire.
D’autres sources disent que la capoeira fut
inventée sur place par les esclaves africains, afin de se
protéger de l’oppression portugaise. Ils l’auraient
développé en la masquant habilement en une forme de
danse. Jusqu’au 19e siècle, elle était ainsi
partenaire de tous les combats pour la liberté, dans un pays
à l’histoire tourmentée.
Le côté spectacle et rythmique camouflant la vraie
capoeira encore aujourd’hui l’oeil d’un profane
s’y trompe et l’interprète à première
vue comme une danse au lieu d’un art martial...
Pendant très longtemps, la capoeira fut pratiquée
clandestinement. Les Africains libérés de l’esclavage
en 1888 sont devenus inutiles dans la société des
Blancs, ainsi bons nombres d’entre eux tombèrent dans
la pauvreté et non rarement dans la criminalité. Très
souvent, ils se sont servis des astuces de la capoeira pour des
actes de violence.
En même temps, toute forme d’expression culturelle africaine
fut prohibée à partir de 1808, et à la fin
de la Monarchie, les capoeiristes ont été pourchassés
dans tout le pays. La capoeira est devenue un phénomène
dangereux, illégal et marginal.
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